Nous quittons les rives du lac Titica pour partir vers l’altiplano péruvien, Cusco et le fameux Machu Picchu. Il faut sortir de Juliaca et son tohu bohut pour gagner les routes paisibles des campagnes. Nous roulons sur une bande de 30 cm de large, entre les profonds fossés bien fournis de détritus urbains et la bande asphaltée où le véhicule qui klaxonne le plus fort est Roi… Nous n’en menons pas large et quelques injures fusent lorsqu’un bus particulièrement fournit en décibels nous perce les tympans…
Une fois la campagne atteinte, nous profitons du paysage et des échanges chaleureux avec les habitants.. Ça va mieux, l’équipée sauvage est heureuse !


Par une belle journée ensoleillée, nous profitons d’un bon petit plat acheté dans un des villages quand un vélocipède bien chargé passe sur la route… Nous rencontrons alors Lukas, un finlandais en voyage autour du monde. Lukas se joint à nous pour déjeuner et là nous hallucinons. Lukas sort un paquet de gâteaux apéro et 2 petits chocolats… Euh… de notre côté nous venons de nous enfiler un plat de riz + patate + salade + poisson frit + sauce suivi de raisins et nous finalisons ce déjeuner par des chocolats offerts par notre nouvel ami au cu_l tanné… prêts pour la sieste ! Lukas nous achève en nous disant que le matin, il déjeune à peine, le midi il mange ses 5 gâteaux apéro et 2 bonbons et, cerise sur le gâteau, il roule en moyenne 130 km par jour… !! Alors message à tout ceux qui s’inquiètent pour nous : ne vous inquiétez pas, nous sommes loin de mourir de faim !!
Nous passons un col à 4 300 m et nous observons à nouveau les conséquences de l’effet de Foehn : après les grandes prairies jaunies par les longs mois d’été que nous venons de traverser, nous découvrons des collines verdoyantes et de nombreux petits ruisseaux.

Nous en prenons à nouveau plein les yeux et ça descend… Youhou ! Nous profitons même de la rencontre avec un local qui nous offre gracieusement quelques bonnes truites fraîchement pêchées sur un des affluents du lac Titicaca….

Julien est content ¡¡¡ Il peut enfin cuisiner un bon petit plat aux lentilles agrémenté de petits oignons et de quelques herbes aromatiques….
La route est parsemée de ruines inca et nous profitons de quelques pauses pour nous accoutumer à cette ancienne civilisation. L’Empire Inca s’étendait autrefois de l’Equateur jusqu’en Argentine mais il a fallu attendre le Pérou pour entendre les histoires des citées d’or.

Nous rallions Cusco ( 3 320 m) en 3 jours avec une étape finale de plus de 130 km à faire du yo-yo entre 4 000 et 3 000 m d’altitude !! Notre record…
Nous arrivons épuisés à Cusco de nuit mais nous sommes agréablement surpris par la beauté de cette ville qui était jadis la plus importante de l’Empire Inca. Cette ville est aujourd’hui considérée comme la capitale archéologique des Amériques et la plus ancienne ville habitée du continent… Por favor !


Ces atouts vont de paire avec un tourisme de masse et une hausse des prix exagérée… ¡ C’est le jeu ma pauvre Lucette ¡
Nous ne trouvons plus nos petites bicoques où nous pouvions nous nourrir de superbes salteñas et de divers jus pour des sommes modiques… Ici, les restaurants à gringos sont légions et nous nous retranchons vers le marché pour retrouver de merveilleux produits ¡ Ahhh tout de même ¡ Nous découvrons les “ceviches”, plat à base de poisson mariné au citron et agrémenté de maïs soufflés puis grillés au beurre, de riz, de patates oranges sucrées, de salade et de petits oignons rouges émincés… un régal !

Nous profitons des nombreux édifices coloniaux et musées de cette ville pour parfaire nos connaissances sur l’Empire Inca et la période des conquistadors espagnols au XVème siècle. Nous sommes fascinés par la richesse de la culture Inca qui vénère 3 animaux que nous retrouverons souvent sur notre chemin :
Le serpent, qui rampe, symbolise la force du monde intérieur, la force de la terre, de la pachamama (terre mère). Ce premier niveau représente également l’enfance.
Le puma, qui marche, symbolise le monde du milieu et la force de la nature. Le puma fait référence à l’âge adulte (intelligence et agilité).
Enfin le condor, qui vole, symbolise l’esprit, ou plutôt la connexion avec l’esprit du cosmos ou avec l’univers astral. C’est ici la dernière étape de la vie où l’homme a acquis la sagesse.
Un péruvien digne de ce nom vous trouvera un de ces trois animaux (ou les 3 en même temps ¡) dans tous les sites incas ¡! “ tu vois l’ombre de ce rocher sur le temple du soleil ¿ euh.. oui ¡ et bien c’est un puma ! Ahhhh….”
Blague à part, nous souhaitons voir les merveilles de la région de Cusco et nous partons à la découverte de la Vallée Sacrée avec nos montures ¡

Direction les villes et villages de Pisac, Moray et Ollantaytambo… Nous visitons les citadelles, forteresses et terrasses agricoles qu’ont construit les incas en plusieurs décennies à la force de leur mains, en mettant en exergue une ingéniosité surprenante.
Des sites en terrasse où poussaient les pommes de terre, le maïs, la quinoa et tout un tas d’autres céréales…

Des marches imbriquées directement dans les murs de soutainement pour éviter l’érosion des sols…

Des monuments trapézoïdaux pour résister aux tremblements de terre…

Nous sommes stupéfaits ¡! Nous sommes dans une vallée où l’astre soleil était vénéré et tout ramène à cette “boule jaune aveuglante” qui brille là haut pour nous ¡ Mais le Dieu soleil n’est jamais loin du Temple de sa femme, la Lune ou de ses enfants, les Etoiles… Nous sommes fascinés par la vie des incas qui nous est contée par les différents guides que nous rencontrons… Nous sommes pendus à leurs mots, nous voyons un puma par-ci, un condor par là et biensûr le serpent qui supporte tout ça ¡!

Le “condor sur la cité” (notre “bout de camembert sur un pain aux noix” ¡), la visite DU fameux sanctuaire Machu Picchu… Classé sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983 et comme l’une des sept merveilles du monde depuis 2007, le Machu Picchu est un élément incontournable de notre voyage mais il se mérite !

Le chemin le plus court pour y aller est de prendre le train, géré par une société chilienne qui applique des prix fort déraisonnables. Non ¡¡ Non et non ¡¡ Nous passerons par un itinéraire bis ¡¡ Au lieu de mettre 2h de train, il nous faudra 6 heures de bus + 4 heures de marches et une traversée de rivière en monte charge pour arriver enfin au pied de la montagne sacrée ¡¡

Après avoir déboursé une somme atronomique pour obtenir le sésame d’entrée au site, nous paufinons notre plan d’attaque pour être dans les premiers le lendemain matin, aux aurores… En effet, seuls 200 privilégiés pourront aller jusqu’au sommet du Wayna Picchu qui surplombe le sanctuaire pour admirer les premiers rayons du soleil sur ce site merveilleux… Vous vous doutez bien que ce genre challenge nous émoustille ¡
Réveil à 3h30 pour être devant les grilles d’entrée à 4h30… Oh rage, oh désespoir, nous ne sommes pas seuls à partir à la conquête du Wayna Picchu. Une petite centaine de personnes est agglutinée devant cette porte d’accès au site… Il y a plus de gens devant nous que derrière… damned ! Nota : les gardiens n’ouvrent pas cette grille plus tôt pour permettre aux gens qui paient le bus pour la montée d’arriver avant les trimards (nous) qui vont se taper plus de 1700 marches pour arriver au pied du site… C’est moche mais ici c’est comme ça… Bref, nous sommes dans les starting blocks quand la grille s’ouvre à 4h50. Les premiers partent pratiquement en courant, nous hallucinons, il est loin le temps où nous étions seuls sur des sites avec nos petits vélos… Nous nous disons toutefois que rien ne sert de courir, il faut partir à temps et monter à un rythme régulier car avec l’altitude le manque d’oxygène se fait vite ressentir ! 15 minutes plus tard, les premières victimes s’échouent sur le bord du chemin à la recherche d’oxygène… “déjà 5 en moins, paf !”
Après plus de 3 mois de vélos à une altitude moyenne de 3 500 m, nous sommes au top de la forme et nous doublons en petite foulée bon nombre d’individus soufflant comme des bêtes et trempés de sueur… 30 minutes plus tard, nous nous retrouvons dans les premiers devant le bureau de contrôle des billets ! Nous sommes heureux ¡¡ A nous l’accès au Wayna Picchu ¡¡¡¡ Nous faisons la rencontre de Nicolas dans la montée (Julien l’a surpris puis doublé… pas de rancune Nico ¡). Ce breton aux poils longs fait un joli voyage de 8 mois en Amérique du Sud et nous nous lions d’amitié rapidement. Habitué aux randonnées, il marche très bien, nous passerons une journée fantastique ensemble sur le Machu Picchu et partagerons quelques Pisco Sour de retour à Cusco.

Nous découvrons le site au petit jour, sans autre touriste et sans bruit… GRANDIOSE… Il émane quelque chose de magique ici, nous contemplons dans le silence les terrasses agricoles, les habitations et les édifices religieux magnifiquement conservés… Le condor, le puma et le serpent se réveillent…



Nous arrivons au sommet du Wayna Picchu lorsque les premiers rayons du soleil baignent le sanctuaire. La lumière est superbe et révèle toute la splendeur de cette merveille du monde.

Séance “shooting” oblige, nous abusons de Nicolas et de sa patience pour qu’il prenne LA photo qui finira sur la cheminée de mamie… ¡! Merci Nicolas, les photos sont au top ¡!

Après plus de 1 700 marches puis la montée sur ce superbe point de vue, nous décidons de faire le tour du Wayna Picchu et de partir à la découverte du Temple de la Lune. Nous évoluons sur un chemin à flanc de précipice qui fait les montagnes russes dans une végétation luxuriante…

Nous ne croisons pas d’autres touristes, nous sommes en union avec Dame Nature… De retour sur le site, nous prenons un guide pour comprendre l’histoire du sanctuaire. A nous le Temple du soleil, la hutte du gardien du rocher funéraire, le Tombeau royal, le temple du Condor, l’Intihuatana (le point d’amarrage du soleil en Quechua).. et j’en passe… Nous devrons faire preuve d’imagination pour apercevoir les différents condors, pumas et serpents cachés dans les diffèrents recoins ¡

Après cette visite de plus de trois heures, qui fut embellie par la naissance d’un petit lama, nous partons à l’ascension du Machu Picchu, la montagne qui fait face au sanctuaire et au sommet que nous avons gravi au lever du jour.

A nouveau des marches et un dénivelé non négligeable mais la vue du sommet est à couper le souffle, l’horizon est dégagé sur 360º et nous avons une superbe vue plongeante sur le site. Oh c’est beau ¡ Nous nous rendons compte, comme ce site est magique. Il est au sommet d’une montagne, encerclé et protégé par une multitude d’autres montagnes. Un monde perdu où les incas vénéraient leurs déités astrales et se consacraient à l’astrologie pour faire pousser leur culture.

Nous sommes de retour à notre hôtel plus de 12 heures après avoir franchi la première grille le matin… Là, le ticket d’entrée a été amorti… Nous mettrons 2 jours pour nous en remettre ¡ Le soir même, nous prenons le train pour rallier Ollantaytambo, récupérer nos amis à deux roues et à une roue puis direction Cusco pour une bonne nuit de sommeil…
Nous élaborons notre plan pour descendre vers la côte Pacifique de l’Amérique du Sud. Nous sommes à J-15 et il est temps de penser à Lima, son aéroport et le retour sur le vieux continent ¡! Nous partons enfourcher Tornado et Sétoudroit suivi de près par Bob pour les dernieres centaines de kilomètres.